Légiférer le harcèlement de rue et les violences sexuelles, quels intérêts ?

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, vient de présenter dans les grandes lignes son projet de loi contre le harcèlement de rue et les violences sexuelles.  

Les grandes lignes de la loi

L’enjeu de cette loi ? Définir, dans un premier temps, précisément ce qu’est le harcèlement de rue et le punir. A l’heure actuelle, un groupe de cinq parlementaires, tous bords politiques confondus, travaille sur la question (on espère que parmi eux, des femmes concernées soient présentes).

Le deuxième chapitre de cette loi concerne l’allongement du délai de prescription dans les affaires de viol. Fixé aujourd’hui à 20 ans, il devrait être rallongé à 30 ans.

Enfin, le dernier chapitre est une réponse à la décision prise par le tribunal de Pontoise le 26 septembre dernier concernant l’affaire du viol d’une petite fille de 11 ans par un homme âgé de 28 ans. Poursuivi seulement pour atteinte sexuelle et non pour viol parce que la victime a été présumée consentante, cette décision choquante et intolérable, donne au gouvernement la lumineuse idée de fixer un âge sous lequel la question du consentement ne se posera pas (on ne comprend pas vraiment pourquoi cela mit autant de temps, mais passons…). En effet, pour les enfants victimes de violences sexuelles, c’est essentiel de ne pas débattre de leur consentement.

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Sexualité féminine – épanouissement & plaisir VS normes & diktats

Si nous avons gagné de l’espace dans l’expression de nos sexualités ces 50 dernières années, nous observons pourtant un grand écart entre les représentations médiatiques d’une sexualité libérée alternant paradoxalement avec un certain conditionnement par le jugement du bien-fondé de telle ou telle pratique, de tel ou tel ressenti et finalement, la réalité des choses.

En effet, la presse féminine regorge d’articles aux titres évocateurs et fallacieux « Comment obtenir 5 orgasmes par jour », « Devenir bisexuelle, c’est fun », « La pipe, ciment du couple », « Faire l’amour plus de 3 fois par semaine est signe de bonne santé du couple » et j’en passe…Mais, la sexualité est plus complexe que cela, il ne suffit pas de nous dicter ce que l’on doit faire pour éprouver du plaisir. En fait, ce qui semble être une chose naturelle et joyeuse devient pour certaines femmes une réalité tortueuse et compliquée. Et toutes ces injonctions véhiculées par notre société sont en grande partie responsables. Dans les ateliers ou lors des entretiens individuels que je mène, j’ai souvent l’occasion d’observer ce paradoxe qui conditionne et affecte fortement les sexualités féminines.

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La jalousie, ce mal qui nous ronge

Qu’est-ce que la jalousie ?

La jalousie est un sentiment douloureux provoqué par la peur d’être trompé(e) par son/sa partenaire ou par la croyance qu’il ou elle en préfère déjà un/une autre. Elle peut s’étendre à toutes personnes pour lesquelles on ressent un besoin de possession, de mise en concurrence (famille, ami(e)s …).

C’est une émotion complexe dont on ne perçoit pas toujours le pourquoi véritable de son expression. Cette émotion est associée de façon inextricable à la passion, la frustration, l’angoisse, la colère, parfois même la haine, et surtout la douleur.

Au risque d’en décevoir beaucoup, la croyance populaire selon laquelle la jalousie prouve l’amour que l’on porte à l’autre ou que l’on reçoit de l’autre, est fausse.

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Les troubles du désir sexuel féminin

On entend souvent dire que les femmes ne sont pas intéressées par le sexe. Que pour nous, ce n’est pas une priorité. Ici, nous traiterons de ce qui relève d’une souffrance et non d’un choix personnel.

Vous l’aurez compris, au CCF, on croit profondément que la sexualité est l’une des composantes fondamentales de la vie, un moteur. C’est un projet personnel que nous devons construire au gré de nos besoins, elle est une part de notre identité et un élément fondamental de nos relations intimes et de notre bien-être personnel. Evidemment, ce n’est pas toujours simple. Pour cela, elle mérite que l’on s’y attarde et qu’on la prenne au sérieux quand elle devient aussi une souffrance.

Alors, pour celles qui ne s’y intéressent pas ou plus qu’a-t-il bien pu se passer ?

Tout d’abord, il faut savoir que lorsque l’on évoque un manque d’intérêt sexuel, les femmes concernées éprouvent en général un sentiment d’incapacité et ne se sentent pas à la hauteur. Elles se blâment, ne réussissant pas à expliquer ce qu’elles ressentent, et par conséquent, ont une faible estime d’elles-mêmes.

Il me semblait donc essentiel aujourd’hui d’aborder ce sujet pour tenter d’éclairer une situation pas toujours évidente à vivre et à comprendre dans l’intérêt, pourquoi pas, de changer cela…

Le manque d’intérêt pour le sexe est une dysfonction sexuelle féminine liée à la baisse ou à l’absence de désir sexuel.

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Le consentement mutuel : une base fondamentale pour qu’une relation sexuelle ait lieu

Le consentement, c’est l’action d’accepter, d’autoriser qu’une chose ait lieu.

Il aurait probablement dû être le premier sujet du Cabinet de Curiosité Féminine parce qu’il est une base fondamentale à toutes rencontres sexuelles. Si pour beaucoup d’entre nous, le consentement mutuel a toujours été une évidence pour qu’une relation sexuelle ait lieu, c’est en avançant dans cette aventure que je me suis rendu compte que ça ne l’était pas pour tout le monde.

Je me suis étonnée, j’ai même été souvent bouleversée par le nombre de récits que j’ai pu entendre durant ces cinq dernières années à ce sujet.

Le consentement considéré comme acquis

Si l’idée de départ du CCF était de permettre aux femmes de pouvoir investir leur sexualité en toute liberté, c’était en supposant que le consensus était entendu.

Parmi, celles qui découvrent, envisagent, réapprennent leur intimité, il y a celles qui ne se sentent plus ou pas concernées.

J’investigue, analyse pour comprendre. Pourquoi se désinvestir d’une chose censée nous apporter du plaisir ?

Plus j’avance, plus je comprends alors que beaucoup de ces femmes désinvesties de leur sexualité, sont en réalité, celles qui l’ont bien trop souvent subi.

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